
On a visionné la saison 3 de Full Swing dans son intégralité. Voici ce qu’il faut en retenir, épisode par épisode, avec une note (forcément subjective) à la clé. Si vous ne voulez pas la visionner dans son intégralité, ce que l’on vous conseille, sachez d’ores et déjà que cette saison est très inégale dans son intérêt. Ces repères (subjectifs encore) vous aideront peut-être à faire vos choix… Attention spoilers.
Épisode 1 : un amateur en vedette, des banalités en pagaille
Nous sommes bien d’accord, l’épisode 1 d’une série documentaire sert souvent à planter le décor et à donner l’eau à la bouche au téléspectateur. Comme dans un bon film ou un bon roman, les scènes décisives ou les bonnes feuilles sont pour plus tard. Mais dans cet épisode inaugural de Full Swing 3e saison, on frôle carrément l’ennui.
A part quelques blagues lors du tournage de la suite du film culte Happy Gilmore, où on devine que Scottie Scheffler, Rory McIlroy, Brooks Koepka, Bryson DeChambeau, Xander Schauffele et Collin Morikawa semblent s’être bien amusés en compagnie des acteurs Ben Stiller et Adam Sandler, pour le reste, c’est assez fade. Voir très fade.
Dans l’interview qu’il accorde à Netflix, Rory McIlroy débite des banalités sans intérêt : « Je veux me mesurer aux meilleurs joueurs du monde », « cette année 2024 a été bien remplie », « le golf n’a jamais été autant suivi qu’aujourd’hui » (affirmation dont on peut d’ailleurs largement douter). On sent ici le Nord-Irlandais sur la défensive.
Quant aux rares scènes « intimes » avec Scottie Scheffler ou Ludvig Åberg, elles donnent envie de zapper tant elles n’apportent rien d’intéressant, même si on apprend quand même, tenez-vous bien, que le Suédois aime le bon café et qu’il s’est donc procuré une machine dernier cri pour se préparer ses expressos chez lui…
Le Masters est le sujet central de cet épisode 1, mais évidemment, les caméras ne nous emmènent pas dans les recoins secrets d’Augusta, loin s’en faut. Au moins découvre-t-on la personnalité attachante de Neal Shipley, le meilleur amateur du tournoi, un jeune Américain moyen, fan de jeux vidéos et de fléchettes, plein d’humour et de spontanéité, qui aura la chance de jouer le 4e et dernier tour en compagnie de son idole Tiger Woods. Mais c’est à peu près tout.
Note 2/10
Épisode 2 : les copains d’abord,
Ce n’est pas une grande révélation, mais l’épisode 2 confirme que l’amitié entre Rory McIlroy et Shane Lowry est réelle, profonde et importante pour les deux joueurs. Les Irlandais s’entendent comme larron en foire et les images de la célébration de leur victoire au Zurich Classic, même si elles avaient déjà été largement diffusées, sont amusantes à découvrir ou à redécouvrir. Il n’y a toutefois pas de véritable révélation, même si l’aîné des Irish, Shane, reconnaît « ressentir un rôle protecteur envers Rory » et que Rory avoue que « Shane est un exemple pour moi pour certains domaines », notamment pour compartimenter sa vie de golfeur et sa vie privée.
Quant à l’amitié entre les Canadiens Adam Hadwin et Nick Taylor, aussi sympathiques que sont ces deux joueurs, on a eu vite envie de passer à autre chose…
Note 4/10
Épisode 3 : un faux divorce, une arrestation, du vide
Encore un épisode qui nous laisse sur notre faim. Le cadre, c’est le PGA Championship puis l’US Open. Rory McIlroy est au centre des attentions des médias après l’annonce de son divorce, qui n’aura finalement pas lieu. Rien à découvrir de nouveau sur cette affaire privée, sauf que les médias américains ont tout tenté pour en savoir plus. Sans succès !
Et puis bien sûr il y a l’arrestation rocambolesque de Scottie Scheffler à Valhalla. Des images inédites montrent le flegme du n°1 mondial dans cette situation invraisemblable. On découvre aussi la surprise du policier qui l’escorte vers le poste quand il apprend qu’il à affaire au n°1 mondial.
Pour le reste, même si Bryson DeChambeau se veut l’un des personnages centraux, on ressent beaucoup de vide puisque le Californien a refusé de parler à Netflix. Il y a donc beaucoup d’extraits d’interviews, de commentaires de journalistes (omniprésents) ou même d’influenceurs (que vient faire là Page Spinarac ?). Pour les révélations, on repassera. Une phrase retient notre attention toutefois : « Si on considère que gagner, c’est bien, et que perdre, c’est mauvais, alors cette carrière est une torture ». Signé Rory.
Note 3/10
Épisode 4 : les caddies font le plein
Deux caddies sont les vedettes du 4e épisode. Et quand on dit vedettes, c’est mérité. Ted Scott, l’homme qui est sur le sac de Scottie Scheffler, et Carl Smith, celui qui accompagne Sahith Theegala. Le « looper » du n°1 mondial livre les clés de la réussite de sa relation avec le double vainqueur du Masters. Celui de Theegala explique comment est né leur complicité et leur confiance commune. C’est vraiment intéressant.
On observe aussi le travail minutieux de ces caddies pour appréhender tous les recoins du parcours d’East Lake, théâtre du Tour Championship, qui a été complètement rénové pour l’édition 2024 du tournoi. On découvre aussi leur vie, où ils dorment, comment ils partagent leur temps entre eux, assez loin de la vie luxueuse de leur joueur, et quels sacrifices cette vie « sur la route » leur imposent. Et pourtant ce sont les caddies du PGA Tour. Et Ted Scott est le caddie le plus riche du monde…
C’est en tout cas, de notre point de vue, l’épisode le plus intéressant car c’est celui où l’on apprend le plus de choses, sur la vie des hommes de l’ombre du circuit US.
Note 7/10
Épisode 5 : loin de l’Olympe
L’épisode 5 nous transporte dans la course à la qualification pour les Jeux olympiques de Paris où l’on suit de près (d’assez près plutôt) l’Américain Wyndham Cark et l’Australien Min Woo Lee.
Alors, à part le fait que celui que l’on surnomme « le cooker » (le cuisinier) adore les réseaux sociaux, ce que l’on savait déjà, qu’il encourage parfois sa grande sœur Minjee Lee sur ses tournois et qu’il nourrit un petit complexe vis-à-vis d’elle, que Jason Day est un peu son mentor et qu’il cherche un pied à terre aux USA, on reste – encore – sur notre faim.
Du côté de Clark, dont l’histoire personnelle en forme de rédemption avait attiré l’attention du public dans la saison 2, on apprend surtout qu’il a touché l’acteur Mark Whalberg, grand fan de golf.
Les deux protagonistes obtiennent à l’arraché leur qualification pour Paris. Mais il manque l’essentiel ici : leur expérience à Paris. Qui n’apparaît que sous la forme de photos/vidéos venues des réseaux sociaux.
Note 5/10
Épisode 6 : Woodland et Rose, touchant et piquant
Deux anciens vainqueurs de l’US Open sont au centre de l’épisode 6. Gary Woodland raconte le chemin qui l’a ramené vers les fairways du PGA Tour après avoir été opéré d’une tumeur au cerveau. Et il évoque la force que lui a donné sa famille pendant ce combat. C’est forcément touchant. Justin Rose, lui, montre à quel point il lui faut entretenir la flamme pour rester compétitif à bientôt 45 ans face aux jeunes bombardiers qui déboulent d’un peu partout. Piquant.
Les deux hommes sont à la lutte à Troon pendant l’Open britannique, l’un pour franchir le cut, l’autre pour la gagne (Rose finira, on le sait, 2e). On se prend presque au jeu à les encourager, même si on connaît l’issue du tournoi. Ces deux-là sont vraiment des personnalités attachantes du golf mondial.
Note 7,5/10
Épisode 7 : Captain America et l’émotion Villegas
Il a fallu être patient mais c’est probablement le meilleur épisode de cette saison 3, inégale à bien des égards. Le nouveau capitaine de l’équipe américaine de Ryder Cup, Keegan Bradley, en est l’acteur principal. Avec sa passion, sa fougue, son regard habité, il apporte son énergie à une série qui en a bien besoin. Son discours final au Canada à l’issue de la Presidents Cup où il promet de « botter le c… à Bethpage » à l’équipe européenne est assez représentatif du personnage.
Mais le plus touchant de ce dernier chapitre, c’est de loin le témoignage du Colombien Camilo Villegas et de son épouse, Maria, sur la perte de leur petite fille, Mia. Un terrible moment de leur vie que l’un et l’autre avaient déjà évoqué dans une vidéo bouleversante. Cette fois encore, il est difficile de ne pas faire couler quelques larmes derrière son écran. On apprend aussi que la famille Bradley et la famille Villegas est proche.
Les coulisses de la Presidents Cup présentent aussi quelques petites scènes savoureuses. Bref, c’est l’épisode qu’il ne faut pas manquer.
Note 8/10
©Netflix